Birmanie: accord de cessez-le-feu conclu avec les rebelles

Conflits intérieurs

Dernier geste en date du nouveau régime envers ses opposants, les autorités birmanes ont conclu un cessez-le-feu avec l'un des principaux groupes armés de minorités ethniques.

Par . Créé le 03 décembre 2011 à 13h15

La Birmanie a conclu un cessez-le-feu avec l’un des principaux groupes armés des minorités ethniques qui luttent depuis des décennies pour plus d’autonomie, dernier signe en date de l’ouverture du nouveau régime "civil" envers ses opposants, selon un médiateur.

De nombreux groupes minoritaires, qui réclament plus de droits et d’autonomie, n’ont jamais pacifié leurs rapports avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948. Depuis, une guerre civile oppose la capitale à certains d’entre eux.

L’accord a été signé vendredi par des représentants de l’Armée de l’Etat Shan Sud et les autorités locales dans l’Etat du nord-est du pays, a indiqué Hla Maung Shwe, fondateur de l’ONG Myanmar Egress qui a assisté à cette signature.

"C’est le premier groupe qui a signé un accord de paix, parmi les cinq que nous avons rencontrés", a-t-il expliqué, précisant que ces quatre autres représentaient les minorités karen, kachin, karenni et chin.

Aucune confirmation n’a pu être obtenue auprès des autorités birmanes ni du groupe.

Selon le site d’informations Irrawaddy, dirigé par des Birmans en exil, cet accord comporte des engagements du gouvernement pour le développement économique et la lutte contre la drogue. Des négociations avec le gouvernement central devraient maintenant être organisées, a-t-il ajouté.

Avec 9% de la population, les Shans sont le deuxième groupe ethnique derrière la majorité birmane. Et l’Armée de l’Etat Shan Sud est l’un des groupes rebelles les plus importants, avec des milliers de combattants.

Le ministre des Chemins de fer du gouvernement central était présent à cette signature, a indiqué Hla Maung Shwe.

Ce même ministre avait participé le mois dernier à des premières discussions de paix avec ces groupes rebelles, avait indiqué alors un représentant d’un de ces groupes.

La Birmanie a multiplié les réformes politiques depuis l’autodissolution de la junte qui a transféré en mars ses pouvoirs à un gouvernement "civil", même si le pays est toujours dominé par les militaires.

Les Occidentaux ont salué prudemment ces réformes, mais insistent toujours en particulier sur la nécessité de mettre un terme à la guerre civile dans les zones des minorités ethniques où les ONG dénoncent sans relâche les violations des droits de l’Homme.

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, en visite historique cette semaine en Birmanie, avait salué les efforts du gouvernement pour résoudre ces conflits.

"Mais tant que les violences terribles continuent dans ce qui est l’un des conflits intérieurs les plus anciens, il sera difficile de commencer un nouveau chapitre", avait-elle déclaré.

(LeMatin.ch & les agences)