Nucléaire: sanctions annoncées contre l'Iran qui boude une réunion
Energie
—Par . Créé le 21 novembre 2011 à 22h36
L’Iran a boycotté lundi une réunion sur une zone sans armes nucléaires au Moyen-Orient organisée sous l’égide de l’AIEA. Le Canada a décidé de proscrire les ventes à Téhéran de biens liés au pétrole et la Grande-Bretagne a annoncé la rupture de tous les liens entre son secteur financier et les banques iraniennes.
En soirée, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution annuelle qui condamne la situation des droits humains en Iran avec un nombre record de votes, soit 86 voix pour, six de plus que l’an dernier. Le nombre de votes contre a chuté de 44 à 32.
La résolution sur l’Iran, proposée par le Canada, condamne «la torture, les traitements et les punitions cruels, inhumains et dégradants, y compris les flagellations et les amputations» menés par les autorités iraniennes. Elle déplore «l’augmentation dramatique» de l’usage de la peine de mort, en particulier contre des mineurs.
Le représentant du gouvernement iranien Mohammed Javad Larijani, un conseiller du dirigeant suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a qualifié la résolution de «malveillante», devant l’Assemblée générale.
Conférence de l’AIEA
Concernant la non participation de l’Iran à la conférence planifiée de longue date par le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano, Téhéran a indiqué qu’elle constituait une «première réaction après l’action inappropriée de l’AIEA et ses fautes commises» dans son rapport sur l’Iran.
L’ambassadeur iranien auprès de l’agence Ali Asghar Soltanieh avait déjà fait savoir vendredi que l’Iran ferait l’impasse sur cette réunion jugée «inutile».
«Tant que le régime sioniste n’aura pas adhéré au TNP (Traité de non-prolifération des armes nucléaires, NDLR) et ne collaborera pas avec les organisations et instances internationales, ce genre de conférence n’aura aucune utilité et ne pourra être un succès», a-t- il ajouté.
Rapport
Dans son récent rapport, M. Amano a présenté un catalogue d’éléments «crédibles» indiquant que l’Iran a travaillé à la mise au point de l’arme atomique, assertion rejetée par le pays. Il constitue la prise de position la plus sévère de l’agence après huit ans d’enquête.
Dans la foulée, le conseil des gouverneurs de l’AIEA a adopté vendredi une résolution exhortant la République islamique à coopérer pleinement avec l’agence, mais sans lui fixer d’échéance et sans saisir le Conseil de sécurité de l’ONU.
Les Occidentaux, favorables à de nouvelles sanctions, ont dû composer avec les Chinois et les Russes, qui y sont fermement opposés.
Le Canada a néanmoins annoncé lundi l’interdiction des exportations vers l’Iran de tous les biens utilisés dans le secteur pétrochimique et des hydrocarbures.
L'Iran a choisi l'isolement
Le président des Etats-Unis Barack Obama a affirmé lundi que l’Iran avait choisi l’isolement sur la scène internationale, peu après que son administration eut dévoilé de nouvelles sanctions économiques contre la République islamique en raison de son programme nucléaire.
"Depuis que j’ai pris mes fonctions, j’ai dit clairement que les Etats-Unis étaient prêts à ouvrir un nouveau chapitre avec la République islamique d’Iran, en offrant au gouvernement iranien un choix clair. Il peut répondre à ses obligations internationales et en retirer des bénéfices, avec davantage d’intégration économique et politique avec le monde entier", a déclaré Barack Obama dans un communiqué.
"Ou il peut s’en détourner et risquer encore plus de pression et d’isolement. L’Iran a choisi la voie de l’isolement international", a constaté le président américain.
"Tant que l’Iran poursuivra sur ce chemin dangereux, les Etats-Unis continueront à trouver des moyens, tant avec nos partenaires que par nos propres actions, d’isoler le régime iranien et à faire croître la pression" sur lui, a prévenu Barack Obama.
Réunion évoquée
Environ 275 représentants de 97 pays participaient aux discussions à huis clos au siège de l’agence à Vienne. La Syrie et Israël étaient représentés.
La réunion, qui dure jusqu’à mardi, doit préparer le terrain avant une conférence sur le désarmement nucléaire au Moyen-Orient que l’ONU veut organiser l’année prochaine en Finlande.
(LeMatin.ch & les agences)












