Des radars pour éviter des morts
SÉCURITÉ
—Par Sébastien Jost. Créé le 29 décembre 2011 à 23h03
Triste record. La Suisse serait, avec 300 accidents graves par année, le pays d'Europe où le taux de piétons heurtés sur un passage clouté est le plus haut. De dramatiques incidents se sont d'ailleurs récemment produits et causant plusieurs décès, ont rallumé la polémique.
Fatalité? Certainement pas, expliquait dimanche Bettina Zahnd dans le journal Sonntag. Accidentologue chez AXA Winterthur, elle souligne que les diverses mesures envisagées dans les cantons pour améliorer la sécurité des passages piétons sont bienvenues. Mais loin d'être suffisantes. Surtout aujourd'hui, où la technologie est reine. Par exemple, les systèmes de détection des piétons semblent prometteurs. De plus en plus de constructeurs dotent leurs véhicules de cet équipement. Constitué d'un radar et d'une ou plusieurs caméras, le système détecte et identifie les obstacles qui se trouvent devant lui et freine automatiquement en cas d'urgence. Volvo a été la première marque à introduire ce système sur certains modèles et compte le généraliser dans les années à venir. D'autres constructeurs comme Toyota ou Mercedes ne sont pas en reste et développent des technologies similaires.
«Ces systèmes d'assistance à la conduite sont très prometteurs», a ainsi déclaré Bettina Zahnd. L'experte rappelle que l'amélioration des carrosseries, si elle n'a pas permis de faire diminuer le nombre d'accidents sur les passages piétons, a fait chuter le nombre d'issues fatales. De quoi susciter l'intérêt de l'Office fédéral des routes, ainsi que celui des assurances. «Nous sommes favorables à tous les progrès technologiques qui tendent à diminuer la fréquence et la gravité des accidents de la circulation», explique ainsi Michel Droux, responsable de la division Véhicules à moteur à la Vaudoise Assurances. Un avis bien entendu partagé par sa concurrente AXA Winterthur, qui n'exclut pas des incitations financières à l'avenir pour les possesseurs de véhicules équipés de ce procédé.
«Pendant des années, les constructeurs ont travaillé pour améliorer la sécurité des occupants, relève Daniel Menna, porte-parole du Bureau de prévention des accidents (BPA). Maintenant, ils commencent à se pencher sur celle des autres partenaires de la route comme les piétons. C'est très positif.» Mais le spécialiste de souligner que la technologie ne doit pas faire oublier l'essentiel. «Beaucoup de passages piétons ne correspondent pas aux normes, insiste Daniel Menna. Il est primordial d'améliorer leur sécurité.»
Fathi Derder, conseiller national (PLR/VD), lui, estime que c'est sur les comportements de tous les usagers de la route qu'il faut travailler. «Ces systèmes de détection de piétons ne me semblent pas, a priori, être une mauvaise chose. Mais la priorité est de responsabiliser tous les acteurs de la route. Dont les piétons qui ne doivent pas s'engager tête baissée sur les passages cloutés.»
(Le Matin)














