Il tourne des films porno dans les wagons de 1re classe CFF
Culot
—Par Victor Fingal. Créé le 29 novembre 2011 à 08h48
Michael Ryan, 32 ans, le producteur et acteur suisse de films pornos, est un récidiviste. Il tourne régulièrement des vidéos dans les wagons de première classe des CFF, où il se met en scène avec une actrice. «Mon dernier film date de trois mois et j’en ai déjà tourné une dizaine. Je trouve ce contexte très excitant. Et je vais continuer, en faisant attention de ne pas me faire attraper», confiait hier le Zurichois de Winterthour.
Arrêté lors d’un tournage
Pourtant, lors du premier tournage, il y a sept ans, l’acteur avait été pris en flagrant délit par deux agents de la police ferroviaire. «C’était assez humiliant. Mais une fois au poste, j’ai fait rire les policiers et je m’en suis tiré avec une amende.»
La mésaventure a rendu le pornographe plus prudent puisqu’il ne s’est plus fait prendre. «Nous n’avons pas connaissance de cas récents à bord de trains CFF», confirme Patricia Claivaz, porte-parole des chemins de fer. «Aucun cas ne nous a été signalé par nos clients, nos agents ou encore la police des transports.»
Pour le réalisateur, il n’y a pas que le sexe qui compte. «Ces vidéos tournées dans les trains sont trois fois plus téléchargées que les autres, plus conventionnelles», ajoute l’homme qui vit uniquement du cinéma X. Elles sont principalement visionnées en Suisse, mais aussi en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Chaque téléchargement lui rapporte 9 fr. 50. Braver l’interdit fait tinter le tiroir-caisse. D’autant plus que les films signés Michael Ryan ne font pas dans la superproduction. «Je tourne avec une caméra HD de poche que je tiens la plupart du temps dans la main droite. Pour les plans moins rapprochés, je pose la caméra sur la tablette de l’autre côté du couloir.»
Quant à l’itinéraire choisi pour atteindre le septième ciel, il n’est pas des plus romantiques. «Je ne tournerais jamais en Suisse romande parce que je ne parle pas le français. Je prends toujours la ligne du RER entre Winterthour et Zurich-Aéroport, tout simplement parce que je vis à Winterthour. »
Il évite la foule
De fait, les prises sont enregistrées pendant les 30 minutes à l’aller et les 30 minutes du retour. «Après le montage, j’ai assez de matériel pour réaliser un film de 30 à 40 minutes.»
Afin d’éviter la foule, Michael Ryan prend toujours un train dans la matinée dans des rames presque vides. «Il est arrivé une fois qu’il y ait un autre passager dans le wagon, mais nous avons été silencieux et je crois qu’il n’a rien remarqué.» Quant à l’autre risque pris en jouant dans des films pornos, il est dû à des rapports visiblement non protégés. Pas de quoi perturber Michael Ryan: «Pendant les périodes où je tourne, je me soumets à des tests de VIH et d’autres maladies sexuellement transmissibles toutes les deux semaines. J’exige la même chose de mes partenaires.»
(Le Matin)

















