Initiative de Genève: Calmy-Rey refuse le fatalisme

Proche-Orient

A l’initiative du Département fédéral des Affaires étrangères, quinze représentants israéliens et quinze Palestiniens, de divers bords, se sont réunis mardi à Genève pour faire le bilan des accords de Genève.

Par . Créé le 22 novembre 2011 à 23h12

La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey a regretté mardi à Genève l’absence totale de progrès sur le terrain entre Israéliens et Palestiniens. Elle a en même temps affirmé refuser le fatalisme et a relancé l’Initiative de Genève.

A l’initiative du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE), quinze représentants israéliens et quinze Palestiniens, de divers bords, se sont réunis mardi à Genève pour faire le bilan des accords de Genève. L’Initiative de Genève, soutenue dès le début par la Suisse, avait été lancée le 1er décembre 2003.

Au terme de la journée, les participants ont convenu de renforcer la mobilisation de la société civile en Israël et dans les territoires palestiniens pour élargir le soutien à la création de deux Etats, un Etat israélien et un Etat palestinien.

Lors d’une cérémonie à l’Université de Genève devant plus de 600 personnes, la cheffe du DFAE a constaté qu’en huit ans, l’Initiative «a mûri». «Sa notoriété s’est affirmée. Elle est devenue une des références les plus citées pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Il n’y a pas d’autre modèle qui s’attaque avec autant d’obstination et de précision à tous les détails de la paix», a-t-elle dit. Elle a rendu hommage aux «pères» de l’Initiative, le Palestinien Yasser Abed Rabbo et l’Israélien Yossi Beilin «qui ont eu le courage extraordinaire de franchir cette ligne rouge qui sépare les politiciens des hommes d’Etat».

Yossi Beilin et Yasser Abed Rabbo ont de leur côté remercié Micheline Calmy-Rey pour son engagement en faveur de la paix. Ils ont proposé qu’elle devienne la présidente honoraire de l’Initiative de Genève, après son retrait du Conseil fédéral en décembre et lui ont offert, en cadeau, une guitare et une montre.

Immense déception

La conseillère fédérale a aussi confié son «immense déception», face à «l’absence totale de progrès sur le terrain». «Il n’y a plus de négociation depuis décembre 2008», a-t-elle constaté.

«Les colonies continuent à grignoter Jérusalem-Est et la Cisjordanie. Elles sapent les efforts de ceux qui essaient de renouer les fils de la confiance entre les parties», a poursuivi la conseillère fédérale.

«Le destin semble appartenir aux fatalistes. Moi, je refuse le fatalisme», a-t-elle déclaré. Elle a estimé que «la volonté politique de réaliser les compromis nécessaires ne peut venir que de l’intérieur».

Comme les révolutions arabes

«Comme les révolutions arabes, et bien d’autres avant elles nous le montrent, seul le travail au sein même des sociétés provoquera les contractions libératoires», a assuré la présidente de la Confédération, en appelant Israéliens et Palestiniens à reprendre en main leur destin.

«Il n’y aura de paix entre Israéliens et Palestiniens que lorsque la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza seront réunis dans un Etat palestinien», a encore affirmé Micheline Calmy-Rey.

La cheffe du DFAE a aussi demandé aux Palestiniens de surmonter leurs divisions et au Hamas à s’engager de manière constructive en faveur de la solution à deux Etats.

L’ancien ministre israélien de la Justice Yossi Beilin lui a fait écho en affirmant que les discussions au sein du Quartette sont «futiles». L’Initiative de Genève est, par contre, «une vision réaliste destinée à prévenir une catastrophe». Il a exprimé sa conviction que «les deux camps peuvent se parler».

De grands obstacles

Yasser Abed Rabbo a pour sa part admis de «grands obstacles» sur la voie de la paix et dénoncé «la création de colonies de peuplement à un rythme sans précédent» par Israël. «A un certain point, cette colonisation rendra impossible la solution de deux Etats», a averti le Palestinien.

Il a exigé le gel des colonies de peuplement et souhaité l’ouverture du dialogue le plus large possible entre Israéliens et Palestiniens à tous les niveaux de la société.

«Avec le dialogue, et des pressions sérieuses de la communauté internationale, le printemps arabe et le printemps israélien pourront se rejoindre», a conclu le Palestinien. Un point de vue partagé par l’écrivain français Bernard-Henry Lévy, qui a pris en exemple la révolution en Libye pour montrer que la société civile peut se révolter et changer le cours de l’histoire.

(LeMatin.ch & les agences)