Les classes à taux élevé d’étrangers ne sont pas un handicap
Ecole
—Par . Créé le 13 décembre 2011 à 13h21
Les élèves de classes d’école primaire ayant un fort taux d’étrangers apprennent aussi bien que ceux des classes composées uniquement de petits Helvètes. Une jeune chercheuse arrive à cette conclusion dans son travail de doctorat à l’Université de Berne.
Un taux élevé d’écoliers étrangers suscite souvent des craintes: beaucoup de parents suisses redoutent que leur enfant soit désavantagé dans ces classes parce qu’il est insuffisamment encouragé ou stimulé. A leurs yeux, un enseignement efficace est impossible dans des classes multi-culturelles.
Ces craintes sont infondées, selon la pédagogue Tamara Carigiet, écrit l’Université de Berne dans le magazine scientifique «UniPress»: la composition culturelle d’une classe ne joue pas de rôle dans les performances scolaires, ni pour le niveau général de la classe ni pour les élèves eux-mêmes.
Pas d’influence
La chercheuse a examiné 42 classes de 3e année primaire, au taux d’étrangers variable, dans la partie alémanique du canton de Berne. Elle y a mené différents tests et distribué des questionnaires.
Il en résulte que les performances ne dépendent pas du taux d’étrangers. Les prestations n’étaient pas plus mauvaises même dans les classes avec un taux d’élèves étrangers dépassant 30%. Pour Tamara Carigiet, ce constat est surprenant, puisque certaines études précédentes avaient conclu à ce genre d’effets.
Ces études avaient toutefois été effectuées dans des classes de niveau supérieur, précise la chercheuse. Et dans ces classes, ce ne sont pas les élèves suisses qui ont pâti du taux élevé d’étrangers: seuls les enfants issus de la migration y apprenaient moins bien.
Égalité des chances
Le résultat de l’étude est réjouissant, estime Tamara Carigiet, qui enseigne désormais à la Haute école pédagogique de Berne: «Cela signifie que chaque enfant de l’école primaire dispose en principe des mêmes chances de succès, quel que soit le taux d’élèves étrangers dans sa classe».
Selon sa recherche, ce qui compte avant tout dans la réussite scolaire, ce sont les aptitudes cognitives et le genre: les filles s’en sortent en effet mieux que les garçons. L’origine joue un rôle aussi: les enfants nés à l’étranger et qui mentionnent autre chose que l’allemand comme première langue sont désavantagés.
Elèves étrangers sous-estimés
L’étude relève encore que les élèves étrangers sont systématiquement sous-estimés. Pour les tests effectués par Tamara Carigiet, les enseignants croyaient ces derniers nettement moins capables qu’ils ne l’étaient finalement au vu des résultats. A l’inverse, les élèves suisses étaient plutôt surestimés.
Des attentes trop modestes peuvent constituer un problème: le cas échéant, les enseignants confient aux élèves des tâches peu exigeantes et empêchent ainsi qu’ils développent leur potentiel. De plus, les jeunes élèves surtout y réagissent de manière sensible. (
(LeMatin.ch & les agences)

















