Statu quo au Conseil fédéral malgré les menaces de l'UDC
Elections
—Par . Créé le 14 décembre 2011 à 14h12
Le renouvellement du Conseil fédéral mercredi est un échec cinglant pour l’UDC. Le parti n’a réussi à déloger aucun ministre en poste et n’a pas perturbé l’élection du socialiste Alain Berset, seul nouveau venu au gouvernement. Une question reste ouverte: son passage dans l’opposition.
Malgré la grande agitation avant le renouvellement du Conseil fédéral, aucun bouleversement ne s’est donc produit. Le Parlement a préféré miser sur la continuité et compléter l’exécutif par un candidat du sérail.
Sous la Coupole, Alain Berset, 39 ans, est considéré comme un poids lourd dans son groupe et comme Romand écouté au Conseil des Etats, dont il a assumé la présidence en 2009. Sa connaissance des dossiers économiques en a fait un orateur incontournable depuis que la crise financière a éclaté.
Le Fribourgeois était donné comme favori. Son élection pour succéder à la démissionnaire Micheline Calmy-Rey a été la seule un peu disputée du jour. Mais il n’a suffi que de deux tours à l’économiste pour remporter la mise avec 126 voix, soit trois de plus que la majorité absolue.
Au grand dam de l’Arc lémanique, le conseiller d’Etat vaudois Pierre-Yves Maillard a dû se contenter de 63 suffrages, l’UDC Jean- François Rime de 54. Au premier tour, les deux candidats malheureux étaient arrivés à égalité avec 59 voix, la Tessinoise Marina Carobbio, écartée par son parti lors des primaires, en grappillant 10.
Pas de suspense
Pour les conseillers fédéraux sortants, les choses sont allées encore plus vite. Après la réélection sans surprise de Doris Leuthard, plébiscitée avec 216 voix, la PBD Eveline Widmer-Schlumpf n’a pas eu de peine à conserver son siège. Elle a même été brillamment élue à la présidence de la Confédération avec 174 voix (211 valables).
C’est pourtant son siège que l’UDC visait au premier chef en invoquant la concordance et le poids électoral insuffisant du PBD pour siéger au gouvernement. Le soutien du PLR n’y a pas suffi.
A eux deux, UDC et PLR disposaient d’un potentiel de 102 voix, les deux candidats démocrates du centre n’ont guère mobilisé au- delà. Le Thurgovien Hansjörg Walter a recueilli 63 voix, le Fribourgeois Jean-François Rime 41. Eveline Widmer-Schlumpf a confortablement conservé son fauteuil par 131 voix sur 239 valables.
L’UDC a laissé passer un siège avant de régler ses comptes après de vives discussions entre partis dans les travées du National. Cela a permis au ministre de l’intérieur libéral-radical Didier Burkhalter de conserver son fauteuil avec le très bon score de 194 voix sur 232 bulletins valables.
Attaque tous azimuts
Le parti de Christoph Blocher n’a annoncé qu’ensuite qu’il attaquerait tous les sièges restants avec Jean-François Rime, le Thurgovien Hansjörg Walter n’étant plus dans la course. «En élisant Eveline Widmer-Schlumpf, vous avez rompu la concordance», a justifié le chef de groupe Caspar Baader à l’adresse de la gauche, du PDC et de «plusieurs libéraux-radicaux».
Faux, a répliqué la cheffe du groupe PLR Gabi Huber, accusant à son tour l’UDC de briser la concordance en s’en prenant au libéral- radical Johann Schneider-Amman.
Echec total
Les démocrates du centre ont continué de faire chou blanc. La socialiste Simonetta Sommaruga a été réélue avec 179 voix sur 242 bulletins valables, ne concédant que 61 suffrages à Jean-François Rime, soit le total du groupe UDC. Le ministre de l’économie Johann Schneider-Ammann n’a pas plus tremblé: il a été confirmé par 159 voix sur 234 bulletins valables, contre 64 voix à son concurrent UDC.
Maigre consolation, l’UDC a réussi à obtenir la vice-présidence du Conseil fédéral à son représentant Ueli Maurer. Mais le ministre de la défense n’a été élu que par 122 voix sur 170 valables. Ses jours au gouvernement pourraient en outre être comptés, si son parti décidait de se venger en quittant l’exécutif après la gifle de mercredi.
Eveline Widmer-Schlumpf présidente
Eveline Widmer-Schlumpf sera présidente de la Confédération en 2012. Encore incertaine d’être reconduite au Conseil fédéral seulement quelques heures plus tôt, la ministre des finances de 59 ans a été élue mercredi à la présidence par 174 voix sur 211 bulletins valables.
La Confédération sera présidée pour la première fois de l’histoire par un membre du Parti bourgeois-démocratique (PBD). Le résultat de la Grisonne est dans la bonne moyenne des dernières années.
Il est semblable aux scores réalisés en 2003 et 2004 par Joseph Deiss (PDC) et Samuel Schmid (UDC). A de rares exceptions près, les présidents ont été élus dans une fourchette allant de 150 à 180 voix ces 30 dernières années.
L’an dernier, Micheline Calmy-Rey s’était vu sanctionner du plus mauvais résultat des élections à la présidence de la Confédération depuis 1919. La socialiste n’avait obtenu que 106 voix pour une majorité absolue de 95.
Eveline Widmer-Schlumpf est la troisième femme de suite à occuper la fonction. C’est là aussi une première. Le canton des Grisons y avait été représenté à trois reprises avant elle.
(LeMatin.ch & les agences)


















