Une nouvelle oreille pour les plaintes
JEUX VIDÉO
—Par Loïc Delacour. Créé le 11 décembre 2011 à 23h00
Le business des jeux vidéo se montre responsable. Les fournisseurs et éditeurs de ces produits, regroupés au sein de l’Association suisse des divertissements interactifs (SIEA), veulent montrer qu’ils sont conscients que certains jeux ne sont pas adaptés aux plus jeunes. A travers la norme PEGI, lancée en 2007 et signée par environ 90% des revendeurs en Suisse, ils informent directement sur le boîtier quelle est la classification d’âge du jeu vidéo et quel type de contenu pouvant déranger y est présent (voire ci-contre). Mais cela ne suffit pas. Pour que les consommateurs puissent se plaindre en cas de non-respect de cette norme, la SIEA s’allie à la Fédération suisse romande des consommateurs (FRC), qui récoltera les plaintes des parents mécontents.
Partenariat nécessaire
Pour Nicolas Akladios, vice-président de la SIEA, ce partenariat était nécessaire. «Les consommateurs sont habitués à passer par la FRC, estime-t-il. C’est donc plus simple que cet organisme fasse le relais avec le nôtre.» Dans quel cas les parents peuvent-ils se plaindre? «Une maman qui trouve «Call of Duty» (ndlr: un jeu destiné généralement aux plus de 18 ans) dans la chambre de son fils de 10 ans peut retourner dans le magasin et demander à ce qu’ils le reprennent, explique Nicolas Akladios. Même ouvert. Si le commerce n’entre pas en matière, la FRC pourra remonter les plaintes à notre comité PEGI afin que nous les traitions.» Les doléances peuvent aussi concerner des publicités violentes dans un magasin, ou encore une limite d’âge jugée trop basse.
La FRC estime important de collaborer. «La prévention de la jeunesse est un sujet qui nous tient particulièrement à cœur», explique Valérie Muster. La juriste connaît bien la problématique, étant elle-même maman d’un garçon de 13 ans. «Mon fils me demande souvent des jeux que je lui refuse, car destinés à un public plus âgé. Il me dit que dans son école, ils ont tous des jeux pour plus de 18 ans.»
En règle générale, les magasins qui vendent ce type de produit respectent la norme PEGI, déclare Nicolas Akladios. «Le problème vient souvent des adultes, ajoute-t-il. On m’a rapporté beaucoup de cas. Par exemple, à la Fnac, un enfant voulait acheter une extension pour un jeu qu’il possédait déjà, mais interdit aux mineurs. Les vendeurs ont refusé. L’enfant a alors appelé sa mère qui a débarqué dans le magasin en hurlant contre les vendeurs. Ceci arrive malheureusement fréquemment.»
Au final, via cette nouvelle collaboration, Nicolas Akladios espère avoir un retour des consommateurs. «Nous voulons plus de plaintes, car cela nous permettrait de comprendre la sensibilité des gens», conclut-il.
(Le Matin)













