Europol interpelle 16 pédophiles suisses
PÉDOPORNOGRAPHIE
—Par Dominique Botti. Créé le 17 décembre 2011 à 23h39
Nom de code: opération «Icarus». Objectif: «ceux qui échangent les pires et les plus extrêmes formes de matériel vidéo, montrant notamment des bébés et des enfants en bas âge abusés sexuellement et violés», a déclaré Europol. Le centre de coopération des polices européennes dressait, vendredi à La Haye (NL), le bilan intermédiaire de sa dernière opération de lutte contre le visionnage et l’échange sur Internet (ndlr: le peer-to-peer) de vidéos pédopornographie. Au total: 269 suspects ont été identifiés et 112 arrêtés dans 22 pays. Dont la Suisse.
Danièle Berset, porte-parole de la Police fédérale (Fedpol), confirme, sans en dire davantage, que dix cantons ont été touchés par cette opération internationale. Quatre sont alémaniques: Argovie, Lucerne, Saint-Gall, Zurich. Six sont latins: Genève, Fribourg, Neuchâtel, Tessin, Valais et Vaud. «Il y a eu 16 personnes interpellées et du matériel informatique saisi, poursuit la porte-parole. Mais il n’y a eu aucune arrestation.»
La police valaisanne explique avoir entendu une personne. «C’est un confédéré résidant dans le canton», précise le porte-parole valaisan, Jean-Marie Bornet. Du matériel informatique a été saisi. Tout comme dans le canton de Fribourg qui a auditionné deux suspects, indique Donatella del Vecchio de la police fribourgeoise. Dans le canton de Vaud, un cas a été traité en octobre. Ce quinquagénaire a reconnu avoir vu et diffusé des images illicites. Selon le porte-parole vaudois Jean-Christophe Sauterel, le dossier est aux mains de la justice. Impossible, en revanche d’avoir davantage de renseignements du côté de Genève et Neuchâtel.
L’opération Icarus a commencé au début 2011. Une fois les suspects identifiés, Europol a ensuite envoyé des requêtes d’interpellation. En Suisse, c’est Fedpol qui récolte ces informations via le Service national de coordination de la lutte contre la criminalité sur Internet. Fedpol contacte ensuite les cantons concernés qui sont compétents en matière policière. L’opération «Icarus» n’est pas terminée, a précisé vendredi Europol. L’action vise désormais les fabricants des images. «Nous envoyons un message très clair, a conclu le directeur d’Europol. Nous traquons les suspects et nous faisons tout ce que nous pouvons pour protéger nos enfants.»
(Le Matin Dimanche)










