Salaire des artistes: Bruxelles critique le système du copyright
Rémunération
—Par . Créé le 19 novembre 2011 à 13h05
Les artistes devraient recevoir une plus juste rémunération, et à cette fin le système actuel de protection du copyright dans l’Union européenne n’est plus adapté, a estimé samedi la commissaire européenne chargée des nouvelles technologies, Neelie Kroes.
"Est-ce que le système actuel de copyright est le bon moyen, et le seul, pour atteindre nos objectifs? Pas vraiment, je le crains. Nous devons continuer à combattre le piratage, mais c’est devenu de plus en plus difficile", a déclaré Neelie Kroes, selon le texte écrit d’un discours prononcé à Avignon (France) devant le Forum d’Avignon.
Dans le même temps, la moitié des artistes européens gagnent moins de 1000 euros par mois, ce qui est "souvent en-dessous du salaire minimum", a déploré Neelie Kroes. "Nous devons reprendre les choses à la base et mettre l’artiste au centre non seulement de notre législation sur le copyright, mais de l’ensemble de notre politique culturelle et de croissance", a-t-elle insisté, soulignant que les nouvelles technologies "peuvent aider les artistes à entrer en contact avec leur public, directement et à moindre coût".
Outils technologiques
Elles peuvent notamment fournir des outils technologiques permettant de mieux rémunérer les artistes, par exemple en identifiant qui consomme des contenus artistiques et à quel moment. Il faut trouver "de nouveaux modèles financiers pour rémunérer l’art", selon Mme Kroes, pour qui "le copyright n’est pas tout. C’est important, mais cela ne devrait pas nous obséder".
La Commission travaille notamment à une proposition pour mettre en place pour la musique en ligne un système de licences d’utilisation multi-territoriales, valables dans plusieurs pays. Elle envisage aussi la création d’un code de copyright européen, qui pourrait de manière facultative se substituer aux systèmes nationaux.
Neelie Kroes a par ailleurs indiqué que son collègue, le commissaire européen chargé de la fiscalité Algirdas Semeta, préparait "une nouvelle stratégie" sur la TVA sur le livre numérique. Mme Kroes plaide pour qu’elle soit alignée avec celle des livres papier.
(LeMatin.ch & les agences)



















